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L’instruction de Grégoire fut poussée autant qu’elle pouvait l’être au milieu de ce siècle de bouleversements et de guerres interminables. Ayant perdu très tôt ses parents il fut élevé par ses oncles les évêques saint Nizier de Lyon et saint Gallus de Clermont. Il fut ordonné diacre vers la fin de l’année 563. Etant de santé fragile il entreprit un pèlerinage au tombeau de saint Martin dans le but d’obtenir sa guérison. Il se fixa dans la ville de Tours en qualité de diacre sur l’invitation de l’évêque saint Euphrone qui était aussi son cousin. Elu évêque de Tours en 573, il y demeura jusqu’à sa mort le 17 novembre 594. Dans son diocèse de Tours, son œuvre principale fut la reconstruction de la cathédrale et l’édification d’un nouveau baptistère ; il créa aussi de nombreuses paroisses en Touraine, ainsi qu’un monastère danas la ville de Tours même en l’honneur de Saint Julien de Brioude, martyr qu’il aait en grande vénération. Son œuvre littéraire principale – l’Histoire des Francs – est d’une importance capitale pour la connaissance des temps mérovingiens. Sa noble origine, la notoriété de ses parents, ses qualités personnelles jointes au prestige du siège épiscopal de Tours illustré par saint Martin, l’ont mis en rapport avec tous les grands personnages de son temps ; il fut acteur autant que témoin des faits qu’il rapporte. On découvre aussi en le lisant, au-delà d’une certaine naïveté un homme courageux, subtil, généreux et bienveillant, et un théologien avisé. En
notre siècle, grâce à lui, nous avons pu avec une
plus grande probabilité, reconstituer la liturgie eucharistique
selon le rite des Gaules telle qu’elle est décrite dans
les Lettres de saint Germain de Paris. S’il est vrai qu’il
faut deux témoins pour établir la vérité
d’un témoignage, saint Grégoire de Tours peut être
à juste titre considéré comme ce second témoin
après son contemporain et ami l’évêque des
Parisiens.
Obtinrent-ils quelques dignités à la cour, eux qui chantaient des hymnes à Dieu dans les prisons, sous les chaînes et après avoir été flagellés ? Etait-ce par les édits du prince que Paul rassembla l’Eglise du Christ ? Sans doute agissait-il sous le patronage d’un Néron, d’un Vespasien, ou d’un Décius, de ces princes dont la haine a fait fleurir la prédication divine ! Ces apôtres, qui vivaient du travail de leurs mains, qui tenaient leurs assemblées dans des lieux secrets, qui parcouraient les villages, les villes, les nations, par terre et par mer, en dépit des Sénatus-consultes et des Edits royaux, ils n’avaient sans doute pas les clefs du Royaume des cieux ! Ou bien ce n’est pas la vertu de Dieu qui triomphait des passions humaines, dans ces temps où la prédication du Christ s’étendait en proportion des défenses dont elle était l’objet. Le temps de parler est venu, car le temps du silence est passé. Il nous faut attendre le Christ, car le règne de l’antéchrist a commencé. Que les pasteurs poussent des cris, car les mercenaires ont pris la fuite ! Donnons nos vies pour nos brebis, car les voleurs sont entrés, et le lion furieux rôde autour de nous. Allons au-devant du martyre, car l’ange du satan s’est transformé en ange de lumière ! L’antéchrist
a pour nous, non des coups, mais des caresses, il ne proscrit pas ses
victimes pour leur donner la vie véritable, mais les comble de
richesses pour leur donner la mort. Il ne leur octroie pas la liberté
des cachots, mais leur donne une servitude d’honneurs dans ses
palais ; il ne déchire pas les flancs, mais envahit les coeurs
; il ne tranche pas la tête avec le glaive, mais tue l’âme
avec son or. Il ne publie pas d’édits pour condamner au
feu, mais allume pour chacun le feu de l’enfer. Il ne dispute
pas dans la crainte d’être vaincu, mais il flatte pour dominer
; il confesse une fausse unité, afin qu’il n’y ait
pas de paix ; il sévit contre certaines erreurs, pour mieux détruire
la vérité du Christ ; il honore les évêques
afin qu’ils cessent d’être évêques, il
bâtit des églises tout en ruinant la foi.
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